Politiser les questions éducatives, construire un réseau “L’école, la culture et la Nation”

013Politiser les questions éducatives, construire un réseau “L’école , la culture et la Nation”
L’Avenir en commun fournit un point d’appui pour conquérir de nouvelles positions dans le champ éducatif. La mise en avant des notions de qualification, de gratuité, d’égalité, de qualité de vie, d’action culturelle, dessinent les contours d’une repolitisation des enjeux éducatifs qui ont été largement abandonnés aux discours experts ou aux organisations professionnelles.
Aujourd’hui le système scolaire est devenu l’espace central de la formation des qualifications et de la fabrication des hiérarchies sociales. La scolarisation de la société sous la tutelle de l’Etat rend caduc et stérile les analyses qui s’enferment dans le système scolaire : si celui-ci est un système social en lui-même, il est articulé à l’ensemble de la société. Aussi est-ce dans ces articulations entre école et société et les déplacements de perspective qu’elles induisent qu’il est sans doute possible de (re)construire politiquement les questions éducatives.
Plusieurs axes paraissent particulièrement pertinents en abordant l’école dans les différentes modalités de son insertion dans l’espace social :
●l’école comme fait social total : lieu de vie et milieu de travail, cadre de relations sociales ;
● l’école comme temps social : le temps scolaire articulé aux autres temps sociaux ;
●l’école enfin comme espace culturel : espace d’apprentissage de savoirs et de socialisation culturelle élargie.
Investir politiquement ce champ doit permettre de répondre à trois évolutions qui menacent l’égalité devant l’accès aux savoirs et aux qualifications:
– La remise en cause des diplômes qui sont des outils d’accès aux qualification et, pour le bac, à l’Enseignement supérieur.
– La territorialisation du système scolaire, organisée par les gouvernements, qui accroît les inégalités et accorde des pouvoirs croissants aux collectivités territoriales.
– La transformation de l’éducation en marché.
La politisation des questions éducatives pourrait se décliner de deux manières:
● Élaborer des outils et un vocabulaire pour mener la bataille idéologique. Pour y parvenir, il nous faudrait sans doute réinvestir la dynamique de mouvement d’éducation populaire dans les cadres territoriaux que nous pourrons / souhaitons investir. Cela pourrait prendre également la forme d’une université populaire pour une réforme démocratique de l’école publique.
● Mener des actions locales mobilisant les acteurs soucieux de la défense de l’école publique, parents, citoyens, professionnels de l’éducation ou élèves eux-mêmes, dès le lycée, en investissant des questions concrètes pour en faire des champs de luttes : le cadre de vie (cantine, espaces des élèves et personnels) , projets de rénovation /construction, carte scolaire, etc.