Appel des historiens : Dans la dynamique de la France insoumise !

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Dans la dynamique de la France insoumise !

Depuis plus de quarante ans, la France et l’Europe se sont enfoncées dans une « crise » sans fin, entraînant la relégation d’un nombre croissant de salariés et de territoires. Depuis quatre décennies, un chômage de masse s’est installé, tandis que les politiques n’ont cessé de rogner l’État social et que les inégalités et les discriminations se sont creusées. Quarante années de chômage de masse, d’abandon de territoires entiers, de dénonciation rituelle du coût du travail, de destruction des conquêtes sociales au nom de la modernité libérale, de la stigmatisation de l’Autre (social, culturel ou religieux).

Mais la crise est aussi globale : elle a des soubassements matériels avec l’extraction excessive de matières premières, la destruction généralisée des écosystèmes et le réchauffement climatique. Elle revêt une dimension sociale avec les inégalités croissantes que symbolise la classe capitaliste mondialisée et arrogante, avec en version française et médiatiquement survendue : Macron. Elle est enfin politique avec la concentration croissante du pouvoir et le rôle scandaleux des grandes entreprises mondialisées qu’aucun État n’ose plus affronter et contrôler.

Nous ne voulons plus de cette xénophobie d’État, de cette lâcheté consistant à s’en prendre toujours d’abord aux travailleurs, aux pauvres, aux immigrés ou aux réfugiés tout en continuant de protéger les puissants et les nantis.

Nous ne voulons plus de ces reniements sempiternels, qui nous imposent toujours davantage de libéralisme et font le jeu des puissants et de l’extrême droite, toujours hideuse et haineuse.

Nous ne voulons plus de ce parti « socialiste » et n’oublions rien de ces dernières années : le transfert de 40 milliards d’euros aux entreprises, l’étranglement financier de la Grèce en révolte, le soutien insensé à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et à l’EPR de Flamanville, les lois Macron et El Khomry, les syndicalistes de Goodyear ou d’Air France traînés au tribunal, le projet de déchéance de la nationalité, l’étranglement de la Sécurité sociale, les morts de Rémi Fraisse et d’Adama Traoré, le viol de Théo K., la réforme du collège, les lois Fioraso qui ne cessent de détruire l’Université, l’alignement sur la politique américaine, les rodomontades qui finissent en pantalonnades, et tant de ministres ridicules et odieux qui prolongent un état d’urgence aussi inefficace que liberticide.

Tout le monde en est d’accord, les élections présidentielles de mai 2017 s’annoncent déterminantes. Pourtant beaucoup acceptent d’entrer dans des calculs stériles sur le moins pire des scénarios tandis que d’autres spéculent sur la candidature Macron repeint en « modernisateur » ou sur le candidat sorti des primaires du PS, Benoît Hamon, oubliant qu’il a été ministre de Ayrault et de Valls jusqu’en septembre 2014. De fait, l’électorat est déboussolé par un champ politique en ruines après 5 ans où le PS a disposé de tous les pouvoirs.

Pour le moment, nous constatons qu’au-delà de la dispersion et de la division régnant dans les milieux acquis à la lutte, à la résistance, dominent la faiblesse relative des mobilisations sociales et l’immensité de ceux qui sont et restent éloignés de la politique et de ses enjeux.

Que faire ?

Pouvons-nous rester inertes face à la progression de l’ultra-droite, risquer de laisser les sociaux-libéraux ou les néo-libéraux en position de poursuivre leur entreprise de destruction de toutes les formes de société solidaire, des héritage de deux siècles de conquêtes sociales progressistes, et de négation des valeurs d’égalité et de justice ?

Déjà dans le passé, il y a eu des périodes où l’urgence historique semblait ainsi s’imposer ; dans certains cas, il y eut réaction, riposte et résilience, dans d’autres ce furent au contraire l’aveuglement, l’impuissance et le désespoir qui l’emportèrent.

Nous croyons que nous vivons une telle époque, décisive. Nous pensons que, pour la France, les prochains mois seront décisifs. Nous pensons que cette campagne de 2017 doit nous permettre de sortir de l’isolement, de nous situer dans des perspectives collectives, de penser ensemble des transformations politiques, sociales et écologiques auxquelles nous aspirons, d’assurer ensemble et dans la confrontation des identités qui nous façonnent le nécessaire rassemblement de toutes les forces disponibles.

Aussi, parce qu’elle nous paraît offrir un levier dans ces perspectives, les animateurs du Groupe d’Histoire Sociale (GHS) – association éditrice de la revue Histoire & Sociétés – et des historiens venus d’horizon très divers ont-ils décidé de se mobiliser pour soutenir le mouvement incarné par la France insoumise et par la candidature de Jean-Luc Mélenchon.

Il ne s’agit pas de s’en remettre à un homme providentiel, mais de choisir une voie nouvelle, audacieuse et déterminée, émancipatrice toujours, en articulant question sociale et question écologique. Il s’agit d’œuvrer et de militer pour expliquer en quoi le programme L’avenir en commun manifeste une compréhension des défis à résoudre et des solutions à inventer, faisant ainsi appel à l’intelligence et à la mobilisation collectives.

Encore plus qu’en 2012, c’est de la mobilisation de chacun, engagé dans une dynamique collective, qu’adviendra la véritable alternative.  

Voilà pourquoi nous nous adressons à tous ceux – amis, collègues de travail, voisins – qui ont en commun des combats et des engagements et qui veulent s’inscrire dans une action collective pour soutenir la dynamique démocratique et populaire qu’incarne la France insoumise.

@GHS18

Appuyons partout la candidature de Jean-Luc Mélenchon et faisons campagne en sa faveur !

 

Premiers signataires  


Le Groupe d’histoire sociale ;
Fabien Archambault (Université de Limoges); Dominique Assayag (Paris); Vincent Chambarlhac (Université de Bourgogne); Jean-Numa Ducange (Université de Rouen); Colette Gachet-Beckers (prof. honoraire, lycée Louis-Jouvet, Taverny); François Guedj (lycée Paul Valéry, Paris 12e); Louis Hincker (Université de Valenciennes); François Jarrige (Université de Bourgogne) ; Jérôme Martin (lycée Jean Renoir, Bondy, 93); François-Xavier Nérard (Université Paris 1); Michel Pigenet (Université Paris 1); Michel Pinault (historien des sciences, Paris); Colette Pipon (lycée Prieur de la Côte d’Or, Auxonne); Hugo Poulet (lycée Jean Renoir, Bondy, 93); Monique Rolland-Simion (Université de Rouen); Xavier Vigna (Université de Bourgogne); Julien Vincent (Université Paris 1).

Nouveaux signataires:

Caroline A.-Meriem Chanoir (lycée Jean Renoir, Bondy, 93) – Rodolphe Pourrade,  professeur d’H-G  (lycée, académie d’Aix Marseille) –  Marc Brunet (ycée Ismaël Dauphin. Cavaillon, 84) – Joëlle Martin (Saint-Amant Roche Savine, 63) – Annie Lacroix-Riz (historienne, université Paris 7) – Pascal Martin (sociologue, Saint-Denis, 93) – Céline Piot (docteur en histoire contemporain, professeur d’H-G, ESPE d’Aquitaine) – Gaubert Christophe (sociologue, Université de Limoges) – Micaëla Etcheverry (comédienne, Paris) – Sylvain Bertsch (ATER/Université de Montpellier) – Laëtitia Depré, (ingénieure, La Réunion) – Patricia Toucas-Truyen – Florent Godguin (professeur d’histoire-géographie en collège, Rouen) –

Pour signer : adresser un mail à

groupehistoiresociale18@gmail.com

(Nom, prénom, ville, établissement d’enseignement et/ou de recherche)

 

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