L’Alba ou la petitesse des médias contre J-L Mélenchon

E10c_Integration_regionale_eco_monde_2010Les chiens de garde du système pensent avoir enfin trouvé un os à ranger avec la référence à l’ALBA (Alliance bolivarienne pour notre Amérique) qui figure dans le programme L’Avenir en commun. Alors que depuis des mois, la France insoumise diffuse et explique son programme, sous la forme d’un livre de 170 pages et sur un site internet, les porte-plumes des journaux et autres médias d’Etat ont trouvé l’aiguille dans la botte de foin avec un ravissement qui confine au ridicule. Ces grands professionnels ne manquent pas de faire des erreurs dans leurs citations. Contrairement à ce qu’on peut lire ici ou , la référence à l’Alba n’est qu’une des 8 composantes de la proposition n°62 intitulée « LA PAIX EN QUESTION – Construire des coopérations altermondialistes et internationalistes.

Sur le fond, de quoi s’agit-il ? De l’amorce d’une nouvelle stratégie de développement articulé à la transition économique destinée à sortir de l’enclavement les territoires d’outre-mer. Voici ce qu’en disait Jean-Luc Mélenchon dans le numéro 100 de la Revue internationale stratégique. 

« Comment voyez-vous l’avenir de l’Afrique et quel type de relations la France doit bâtir avec ce continent ?

Jean-Luc Mélenchon – D’une manière générale, l’Union européenne et la France doivent arrêter les politiques commerciales et de coopération qui détruisent les États et les sociétés africaines, que ce soit à coup de bombes comme en Libye, d’accord de libre-échanges iniques comme dans la Corne de l’Afrique ou d’intrigues pour protéger tel ou tel ami qui maintient des contrats.

Mais les remords et les regrets ne font pas une politique. La France aurait tort de relativiser l’Afrique. Ou de s’en remettre avec soulagement à l’emprise nouvelle des Chinois. 40 % des naissances des vingt prochaines années vont avoir lieu en Afrique. L’ancien continent vide des années 1950 devient une grande puissance démographique. Nous devons inventer un nouvel axe de rapprochement qui nous unisse, nous implique, nous intègre les uns avec les autres autour de projets communs. Nous sommes plus proches des Sénégalais que des Lettons, plus voisins de palier avec les Maliens qu’avec les Lituaniens. Et ainsi de suite. Avec la mer, les États côtiers disposent d’un trésor. Nous pourrions travailler dans l’égalité avec ces pays. La langue française est aussi un trésor que nous sommes nombreux à avoir en partage. Le changement climatique nous oblige aussi à agir avec d’autres. Car l’Afrique sera l’un des continents des plus touchés par les millions de migrants climatiques qui vont se mettre en mouvement si rien n’est fait. Les domaines de coopération potentielle ne manquent pas : la transition énergétique, une nouvelle révolution verte dans l’agriculture pour permettre la souveraineté alimentaire, etc. Mais c’est incompatible avec l’accaparement des terres et des richesses par les multinationales. Y compris les françaises, qui auraient mieux à faire dans une coopération plus active et futuriste.

Il y a, en revanche, une part de paternalisme et de fainéantise à parler de l’Afrique comme un bloc. L’Afrique est diverse. Là encore, ouvrons les yeux. L’Afrique du Sud travaille avec la Russie, le Brésil, la Chine et l’Inde par exemple, et j’espère que la France rejoindra bientôt ce groupe-là.

Nous pourrions construire un partenariat étroit autour de la Méditerranée. L’Union pour la Méditerranée actuelle est inopérante. Qu’ont à dire à son sujet des Méditerranéens aussi peu convaincants que des Allemands, ou des Finlandais ? Comment avancer sans être immédiatement paralysés par le conflit israélo-palestinien ? Je crois à une coopération avancée entre les pays du Maghreb et l’Europe du Sud-Ouest (France, Italie, Espagne, Portugal et Grèce). Il y a mille projets à développer autour de la gestion de la Méditerranée, de sa dépollution, de la gestion des eaux usées sur les rivages, de la coopération scientifique et environnementale par exemple.

Je plaide aussi pour que la Réunion et Mayotte donnent l’exemple à leurs voisins, en avançant par exemple vers l’autonomie énergétique et qu’elles s’intègrent davantage aux structures de coopérations régionales qui les entourent. C’est un avenir plus cohérent pour nos compatriotes de ces territoires que de subir le mépris de la Commission européenne pour les régions dites « ultra-périphériques » ou que le marché unique avec l’Estonie ! Cela vaut également en Amérique Latine pour la Guyane à l’égard de l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA), par exemple !

Si vous reprenez chacune de mes réponses, vous voyez que je définis ce que j’entends par nation universaliste pour parler de la France. Je ne crois pas au paradigme de « l’Europe chrétienne ».

 

Alors que la Guyane est en pleine crise sociale et économique, n’en déplaise aux plumitifs de tout ordre, L’Avenir en commun est le seul programme qui s’attache à proposer un autre modèle de développement aux territoires français d’Amérique du Sud et des Caraïbes que celui de la dépendance économique envers la métropole. La proposition 15 L’URGENCE DÉMOCRATIQUE – L’égalité réelle pour les Outre-mer préconise en effet de développer les coopérations économiques des Outres-mer avec les espaces économiques voisins dont l’ALBA fait partie. Cette stratégie de développement est valable pour l’Afrique. Les autres candidats et leurs relais journalistiques ont sans doute d’autres propositions permettant à nos compatriotes de sortir du néo-colonialisme et de la condescendance de la métropole ? Nos plumitifs franco-français et européanos-béats savent-ils que la mondialisation dont ils se gargarisent repose sur un  tissu d’organisations internationales régionales, plus ou moins actives, plus ou moins contrôlées par des puissances et qu’en Amérique du Sud, plusieurs d’entre elles se font concurrence ?

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