Caroline De Haas: de l’ « opportunité » à l’opportunisme

logo-ghsLe pure player Mediapart vient de publier un appel intitulé Lettre ouverte d’habitant.e.s de la 18e circonscription à Jean-Luc Mélenchon qui nous replonge dans les pratiques nauséabondes des activistes de tout poil dépourvus de toute base sociale et, en fait, de véritable base militante. La rhétorique est toujours la même: des individus présentés comme des militants de base issus de plusieurs organisations lancent un vibrant appel à l’unité en faveur de leur candidat, en l’occurrence, une candidate, Caroline de Hass.
Les signatures sont savamment dosées: 4 signataires sont présentées comme des « militantes féministes »; 1 comme « militant écologiste », 1 comme « militant du parti communiste français » et 6 comme « militants de la France insoumise ». L’un d’entre eux, Laurent Couturier s’est récemment distingué en utilisant une adresse mail se présentant comme officielle pour diffuser de fausses infirmations.

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Cette savante orchestration est au service d’une argumentation où la prétendue affirmation de grands principes en faveur de l’unité masque difficilement une danse du ventre électoraliste.

L’appel aux grands principes prétend s’appuyer sur le succès électoral de Jean-Luc Mélenchon et de la France insoumise, y compris dans la 18e circonscription de Paris où il a obtenu 24,4% des voix. En un tour de passe-passe, les auteurs passent du « vous » au « nous »:

« Cet électorat s’est mobilisé pour vous parce que vous incarniez une chance pour tous les citoyens, de la gauche, de l’écologie et au-delà.

Aujourd’hui, les législatives se préparent. La dynamique créée nous a amenés très loin; est-elle pour autant suffisante pour gagner partout ? »

L’argumentaire est simple: la France insoumise a su conquérir un large électorat qu’il faudrait ensuite « partager » dans l’unité. Militants depuis décembre 2016 dans la France Insoumise, nous n’avons jamais rencontré les signataires lors des collages ou les tractages, ni d’ailleurs dans les réunions.

Le second argument prétend s’appuyer sur l’annexion par Caroline de Hass du long mouvement social contre la loi travail. Si elle a bien fait partie des initiateurs de la pétition en ligne contre la loi travail qui a récolté 1 million de signatures, personne ne peut croire qu’elle a été, à elle seule, à la manœuvre, ni d’ailleurs au sein de Nuit Debout. Si le million de pétitionnaires avaient rejoint les manifestations, cela se serait vu.

Enfin, on se demande ce qui retient Caroline de Hass de rejoindre la France insoumise qui veut faire campagne pour L’Avenir en commun.

« La candidature de Caroline De Haas nous semble être la meilleure opportunité. » De quelle opportunité s’agit-il précisément ? De « reconstruire la gauche après ces présidentielles au-delà des clivages partisans, des militant.e.s écologistes, féministes, syndicalistes, frondeurs.ses, communistes, insoumis.e.s se sont déjà rassemblés » ?  Pourquoi reporter à l’après élections ce que la France insoumise a entamé depuis plusieurs mois ? Faut-il rappeler que Caroline de Hass s’est engagée dans l’organisation d’une primaire de la « Gauche » puis, en tant que directrice de campagne de Cecile Duflot, dans la primaire d’EE-LV ? Faut-il rappeler qu’elle est soutenue par EELV qui a signé avec Benoit Hamon un accord sur les législatives ? Sans doute s’agissait-il alors de « la meilleure opportunité » ?

A ces pratiques d’appareil et de négociations de couloir, les militants de la France Insoumise préfèrent la clarté de L’Avenir en commun.

pAUL vANNIER? CANDIDAT DE BATTRE LA LOI EL KHOMRI ET SON MONDE : ma rencontre avec Caroline De Haas