Gilets Jaunes : vers la chute d’un président

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7795589241_les-gilets-jaunes-manifesteront-dans-tout-le-pays-samedi-17-novembreAlors que les annonces du premier ministère se sont révélées totalement décalées avec la dynamique de la contestation et que le président n’a d’autres choix que de réfugier au Château , le clan au pouvoir lance ses dernières forces dans la bataille: la violence d’Etat.

Les réseaux sociaux relayent inlassablement le déchaînement de la violence d’Etat contre les Gilets jaunes ou contre les lycéens (#RevancheLyceenne2). En voici quelques exemples:

Les hommes du clan font mines de s’inquiéter pour la prochaine manifestation samedi prochain, exprimant leurs craintes que des morts soient à déplorer comme si la violence relevait d’un fatalité toute météorologique. Mais les blessés graves et les morts sont déjà là ! Mercredi 5 décembre, dans le Loiret, un lycéen a été grièvement atteint par un tir de flash-ball, engageant son pronostic vital. Le même jour, à Grenoble, une lycéenne est gravement blessée au visage. A Garges-les-Gonesse enfin, un lycéen est grièvement blessé.

Mais le clan n’a que faire de la vie des lycéens. Il répand la contre-vérité que la violence serait déclenchée par les manifestants ce que tous les témoignages démentent. Ainsi, à Paris, devant la violence des policiers contre les lycéens, les professeurs du lycée Ravel ont diffusé un communiqué:

Courrier des organisations syndicales SNES et FO du lycée Ravel, Paris
C’est avec consternation que nous avons pu constater les faits suivants :

Avant le démarrage des cours, plusieurs dizaines de lycéens de notre établissement se sont massés devant l’entrée de l’établissement dans le cadre d’un mouvement dont les revendications étaient inscrites sur quelques pancartes indiquant notamment leur refus de ParcourSup et de la réforme du bac. Nous avons pu constater également que le blocage était mené de manière pacifique et non agressive, avec souplesse en particulier à l’égard des collégiens. Malgré cela, les forces de police sont intervenues pour les repousser, parfois violemment puisque plusieurs élèves se sont retrouvés à terre afin de dégager l’entrée.

Les élèves et les enseignants de l’établissement ont ensuite été invités par votre administration à entrer dans l’établissement, ce qui ne pouvait se faire qu’encadrés par une dizaine de policiers massés devant la porte, certains la main sur la gazeuse, un autre patrouillant avec un collègue le flash-ball à la main.

Après 8 H, plusieurs dizaines de lycéens sont néanmoins restés devant l’établissement toujours gardés par la police. Deux élèves ont été arrêtés sans que nous n’ayons vu le moindre acte de violence. Considérant sans doute que les élèves étaient trop proches du cordon policier, des jets de gaz lacrymogènes ont été envoyés. Un collègue enseignant a lui-même été violemment incommodé pendant plusieurs minutes.

Un certain nombre d’élèves ont ensuite rejoint d’autres cortèges lycéens. La police n’a quitté l’établissement qu’après 13H.

Entre 4 et 8 collègues enseignants, membres ou non de notre syndicat, sont restés en permanence en vigilance à l’extérieur de l’établissement afin d’assurer la sécurité des élèves dont nous avons la responsabilité.

Nous tenons dans ces conditions à faire connaître le point de vue de nos organisations syndicales sur ces événements. En particulier, l’intervention de la police contre nos élèves, alors qu’aucune violence et aucune dégradation n’ont été commises, nous semble totalement inappropriées. Par ailleurs nous n’avons pas vocation à faire cours sous la « protection » de la police. C’est contraire à notre éthique, à nos valeurs et à notre engagement d’enseignants. Ce n’est pas le genre de démonstration que nous souhaitons faire, en réalité assez humiliante, du moins si nous avons suffisamment de considération pour le métier que nous exerçons. Notre autorité a heureusement une toute autre légitimité.

Reste une question: combien de temps encore les enseignants et plus largement les organisation syndicales pourront-elles rester à l’écart du soulèvement à l’oeuvre ?

Gouverner par la peur, intimider les lycéens et manipuler les parents et les personnels semblent être la seule réponse du clan. Le délit d’opinion conduit ainsi 6 lycéens en garde à vue:

CaptureAlors que prés de 200 lycées sont bloqués ou perturbés, le ministre de l’Education nationale présente son projet de loi devant le conseil des ministres et se répand dans les médias pour expliquer que les troubles seraient dus à des éléments extérieurs. Dans un courrier aux proviseurs du 4 décembre, le Recteur de l’académie de Créteil préconise l’enfermement préventif des élèves et l’utilisation cynique des instances démocratiques lycéennes.

Cette violence vient de loin. Elle a été longuement expérimenté dans les conflits sociaux contre ceux de Sivens et de Notre-Dame-des-Landes, mais aussi lors des manifestations contre la loi travail et bien sur dans les banlieues. De manière emblématique, le Comité Arago du 22 mai rappelle la manière dont des dizaines de lycéens furent mis en garde à vue sans aucun respect pour la procédure et humiliés par la police pendant des heures. Produire l’effet de terreur pour détruire définitivement la capacité des individus à contester et à revendiquer leurs droits. Elle résulte également de l’archaïsme des structures des forces de police et de sa doctrine. Les gouvernements successifs ont tous accepté le compromis social entre la bureaucratie du ministère de l’intérieur et des syndicats de policiers en faveur de forces de maintien de l’ordre qui comptent près de 30 000 fonctionnaires. 

Cette violence d’Etat est désormais mise au service exclusif d’un clan au pouvoir mandaté par les classes dirigeantes pour imposer à la société française « la grande transformation » néolibérale. On peut raisonnablement présager que la prochaine journée de mobilisation des Gilets jaunes, le 8 décembre, pourrait sonner la chute du clan. A moins qu’il faille se résoudre à l’affirmation d’Emmanuel Todd : « Le risque majeur pour la France n’est pas la révolution mais le coup d’Etat ».